Le GIE les ateliers de Bourgogne
A Beaune, deux commerciaux cherchent de nouveaux débouchés pour les ateliers. C'est un monde souvent méconnu qui remplit pourtant un rôle économique indéniable. Les personnes handicapées travaillant au sein des ESAT (Etablissements et services d'aide par le travail, les anciens CAT) font preuve d'une réelle compétence. Depuis plus de 20 ans, le GIE Les ateliers de Bourgogne est l'interface entre les entreprises et le milieu du travail protégé. A sa tête, deux commerciaux épanouis par leur mission. Delphine Chevassus a été responsable commerciale en grande distribution, pendant six ans : « C'est vraiment valorisant de donner du travail à des personnes handicapées et c'est enrichissant au point de vue personnel, car on a le plaisir de rencontrer toutes sortes d'entreprises ». Tout aussi enthousiaste, Paul Becker est le technico-commercial qui anime depuis longtemps ce GIE. « On a beaucoup professionnalisé notre démarche et notre savoir- faire. Auparavant, je vendais des motos pour une célèbre marque à Beaune. Le GIE cherchait un prof il comme le mien qui soit avant tout un commercial ». Le ton est donné, car même si le GIE Les ateliers de Bourgogne remplit une mission sociale avec une forte valeur ajoutée éthique, Delphine Chevassus comme Paul Becker savent qu'au moment de signer un contrat, ils ont en face d'eux un chef d'entreprise qui attend une solution rapide et adaptée à son problème : « On met surtout en avant le savoir faire de nos ESAT. Un chiffre d'affaires de 1,3 M € On parle des compétences et on ne majore pas nos prix, sous prétexte que nous travaillons en secteur adapté. On joue vraiment le jeu de la compétitivité ». Le chiffre d'affaire du GIE en tant qu'apporteur d'affaires aux douze ESAT s'élève à 1,3 M€. Ce chiffre est déjà conséquent mais il est loin de traduire toute l'ampleur du phénomène économique de ces ESAT. Chacun de ces établissements est en effet autonome dans sa gestion, mais le cumul de tous ces chiffres d'affaires représente plusieurs dizaines de millions d'euros. Ces douze ESAT donnent du travail à 1050 ouvriers et à 150 encadrants et techniciens. Toutes les unités de production sont équipées de moyens industriels conséquents. Leurs savoir-faire embrassent des secteurs très diversifiés : conditionnement, emballage ; assemblage, cablage ; imprimerie et sérigraphie, façonnage d'imprimerie ; routage et mailing ; travail du fer et du bois ou encore prestation de services dans les espaces verts, la blanchisserie ou la restauration. Deux de ces établissements sont même certifiés ISO 900. Une partie en Saône-et-Loire Ce GIE regroupe une partie de ses établissements en Saône-et-Loire (ESAT APAJH de Chalon-sur- Saône, l'établissement d'Autun, l'ESAT Fauconnet de Chalon, celui du Breuil et ceux de Montret et de Tournus. Ces deux derniers sont gérés par leurs communes respectives). Si certains de ces établissements ont des activités similaires (espaces verts, blanchisserie ou conditionnement) d'autres affichent des orientations plus audacieuses. C'est le cas des Ateliers el Goéland de Chenôve dont l'une de ses quatre activités est tournée vers les métiers de l'imprimerie. Cet atelier accueille des malades psychotiques stabilisés qui peuvent ainsi mettre à profit tout leur potentiel intellectuel et créatif. Ils conçoivent et réalisent des imprimés, cartes de visite, faire-parts, affiches, calendriers, etc. Ils assurent aussi des impressions sur tous supports. L'ESAT de Dijon travaille sur des machines à commandes numériques et celui de Montbard assure des routages mécanisés pour les bulletins et les journaux. Grâce à cette diversité et cette complémentarité des compétences, le GIE peut proposer des solutions globales pour ses entreprises clientes.
Franck BASSOLEIL
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